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LA DOUBLE ANXIÉTÉ LANGAGIÈRE DES IMMIGRANTS

Je vous invite à lire cet article « La double anxiété langagière des immigrants », de Jean-Marc Dewaele et Yeşim Sevinç, 2017.

Un article intéressant sur l’anxiété que les migrants expérimentent à la fois au niveau de la langue dite majoritaire (donc la langue du pays d’accueil, dans cet article les Pays Bas) et au niveau de la langue dite d’héritage (ou langue maternelle, ici le turque).

L’anxiété langagière – “the worry and negative emotional reaction aroused when learning or using a second language” (MacIntyre, 1999: 27) («L’inquiétude et la réaction émotionnelle négative déclenchées lors de l’apprentissage ou l’usage d’une langue seconde»).

 

Quelle expérience de l’enfance dans le camp des réfugiés à Calais?

En tant que doctorante en deuxième année, et ayant comme sujet de thèse l’interculturalité et les familles migrantes, j’ai participé au stage de terrain USPC sur la migration à Calais. Une des questions principales que j’ai observé est autour de l’expérience des enfants dans les camps des réfugiés.

Ce qui m’a touché le plus dans ce terrain de recherche a été le niveau de vie des enfants qui étaient privés d’une alimentation saine, de vêtements propres, d’une vraie maison, d’une éducation scolaire normale et d’autres éléments importants pour leur développement, comme par exemple des jeux et des jouets, des livres et de la musique etc. Ces sentiments envers les enfants sont renforcés par une certaine conception occidentale de l’enfance que j’ai, qui considère les enfants comme des êtres innocents, ayant une vulnérabilité particulière, et qui nécessitent la protection des adultes. Pourtant, ce qui m’a frappé encore plus est la capacité des enfants de rentrer dans une bulle qui paraît hors de la réalité tragique dans laquelle ils se retrouvent, et prendre leur place d’enfant, comme tous les autres enfants du monde. Dès mon premier accès dans le camp, j’ai pu observer des enfants, ayant un âge entre 5 et 10 ans, qui jouaient des jeux de ballons. Des cris d’enfant, des exclamations de joie, ou tout simplement des rigolades spécifiques à cet âge me paraissait uniques dans ce contexte de souffrance.

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J’ai ainsi constaté des caractéristiques spécifiques à une culture enfantine qui est « une culture identifiable à des enfants, à une époque et un lieu donné, et en même temps une culture reflétant l’enfance, la condition universelle d’être un jeune être humain, un enfant. » (Carpentier 2011). Cette dimension universelle de l’enfance est traduite par d’autres exemples empiriques observés dans le camp. Par exemple, dans le camp de Grande-Synthe, en me rapprochant d’un groupe de réfugiés, une petite fille de 2 ans et 9 mois, me regarde et je lui souris. Ensuite, elle prend ma main et me conduit vers une source d’eau. Là, en utilisant une communication non-verbale, elle me demande de mettre de l’eau dans un arrosoir, et je le fait. Ce jeu continue, et la fille me dirige vers des pots de fleurs qu’un des hommes du groupe avait plantées. La fille arrose les plantes. J’essaie de parler avec elle en anglais. Je ne suis pas sure si elle comprend, mais elle répète des mots que je prononce. Mon expérience antérieure auprès des jeunes enfants a encouragé le contact avec cette petite fille. Le jeu est un langage que les enfants comprennent et qu’ils utilisent dans leurs interactions.

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Privilégier une certaine normalité de l’enfance est aussi le but de « l’Ecole laïque des dunes », qui met en place des cours d’école pour les enfants du camp de Calais. Pour Nathalie, une enseignante bénévole, qui prend de son temps libre pour donner des cours toutes les semaines, « l’objectif de cette classe est de faire renouer les enfants avec une scolarité, qui a été fracturée par leur déplacement, par leur histoire ». Dans ce contexte, d’autres éléments spécifiques à la culture enfantine peuvent être observés, comme l’enthousiasme, la joie, la volonté d’apprendre. Cette école offre aux enfants du camp la possibilité d’apprendre, comme tous les autres enfants, même si dans des conditions beaucoup plus précaires. Les enfants vivent entre les expulsions et l’attente d’aller en Angleterre, mais cette école permet d’offrir un cadre, un contexte plus sécurisant, avec des personnes avec lesquelles ils peuvent avoir des relations de confiance. Les bénévoles qui s’impliquent au quotidien connaissent les enfants par leurs prénom, et même leurs famille, car elles vont les chercher chaque jour avant les cours, dans les caravanes du camp. Ainsi, elles connaissent leurs joies, mais aussi leurs souffrances. Par exemple, Nathalie explique que beaucoup de dessins des enfants illustrent deux maisons et le trajet entre les deux. D’autres dessins, avec de la pluie qui tombent, peuvent faire référence aux derniers grenades lacrymogènes lancées par les autorités de l’état français, que les enfants aussi ont dû subir, note Nathalie. Le français et l’anglais sont utilisés comme langues d’enseignement dans cette école.

 

Références biblographiques

CARPENTIER, C.H., (2011), « Les universaux de la culture enfantine » in Cultures enfantines : universalité et diversité, Arleo, A., Delalande, J. (dir.), Rennes : PUR.

 

Stage de terrain doctoral sur les réfugiés à Calais, France

 

Migrants CalaisL’USPC (Université Sorbonne Paris Cité) organise un stage de terrain doctoral sur les réfugiés dans la ville française de Calais, le 24-28 Juin 2016. J’ai été choisi pour participer à ce stage et je suis impatiente d’y aller. C’est une expérience passionnante à la fois en raison du lieu et du  thème de ce stage. Mon équipe, sous la responsabilité du professeur Marie-Caroline Saglio Yatzimirsky (INALCO, Cessma) se concentrera sur les aspects anthropologiques et linguistiques des camps de réfugiés à Calais, et d’une autre ville proche – Grande-Synthe. Afin de préparer ce stage, les organisateurs proposent une conférence: ETATS MIGRATOIRES & ESPACES CAMPS, le 31 mai, à l’INALCO. Pour plus d’informations, s’il vous plaît cliquez ici
http://www.sorbonne-paris-cite.fr/sites/default/files/je_etats_migratoires_et_espaces_camps_definitif_0.pdf

Ma première publication en-ligne

Suite à ma participation au colloque international « Petite enfance: socialisation et transitions » du 13 novembre 2015, qui a été organisé par ma directrice de thése, Prof. Pascale Garnier et ses collègues, ma communication a été publié en-ligne, sur le portal HAL (click pour consulter le document PPT).

Voici son titre et son résumé:

Familles rom et familles américaines en France : quelles conceptions de l’interculturalité ?

Résumé : Cette étude propose une approche interculturelle auprès des jeunes enfants. À partir de la réalisation d’une démarche ethnographique en France au sein des familles américaines et dans le cadre d’un atelier proposé par une association caritative dans des bidonvilles des familles rom, ce travail vise à comparer deux situations d’interculturalité très différentes. L’analyse de ces situations nous amènent à mettre en question les différences culturelles et socio-économiques par rapport à l’interculturalité. La recherche a pour objectif l’analyse des rapports entre les deux cultures – la culture française et la culture d’origine – chez des jeunes enfants, en observant les questions liées au maintien ou à la rupture avec la culture d’origine et le contact avec la culture française à travers les pratiques culturelles et les jeux. En envisageant une approche du concept « culture » comme une expérience aux activités culturelles quotidiennes, cette étude inscrit les pratiques culturelles des enfants dans les répertoires des pratiques culturelles proposé par Rogoff (2007).

Formation ZOTERO

Je partage une expérience typique de la vie de doctorant, pour ceux et celles qui (comme moi) sont sur un  nouveau parcours et n’en ont pas trop d’informations, sauf celles recueillies à travers la participation même à cette grande aventure, qui est le doctorat, en France (et à Paris).
Être doctorant(e) passe aussi par des formations plus ou moins intéressantes, avec présence obligatoire ou en optionnel. Je présente la situation heureuse cette fois-ci, où j’ai bénéficié d’une formation très utile et satisfaisante.  Il s’agit d’une formation sur les outils de base pour réussir sa thèse,dans le cadre des formations doctorales proposées par CFDip (Centre de Formation des Doctorants à l’insertion profesionnelle°, « Réussir sa thèse en sciences Outils de base : Ressources documentaires et Zotero ».

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Zotero est un logiciel gratuit qui aide énormément ( à mon avis) à gérer la bibliographie de la thèse (ou des gros documents) et à stocker des références bibliographiques, qu’elles soient imprimées ou électroniques, livre ou article, page web ou blog scientifique. Je le recommande, il simplifie le travail de recherche et fait économiser beaucoup de temps (si précieux) !
Il faut ajouter que l’offre des formations doctorale et large (voir le catalogue de formation de CFDip http://cfdip.uspc.fr/fr/formations),mais pour en bénéficier il faut s’inscrire à l’avance, sinon on risque fortement de ne pas y avoir la place.  Et, à part le bénéfice des connaissances acquises durant les formations, il y a aussi l’avantage de recueillir des crédits ( il faut avoir un total de crédits à la fin du doctorat, cela dépend de l’école doctorale, du statut du doctorant etc.).
En plus, ccomme la formation sur Zotero a eu lieu à l’Université Paris Diderot, j’ai pu profiter du bel environnement de l’arrondissement 13, juste à côté de la BnF, le paradis des chercheurs, mais ça c’est un autre sujet, dont je parlerai bientôt.

ACCUEILLIR LA DIVERSITÉ des situations familiales et des références éducatives

Voici une formation proposée par FURET sur l’accueil de la petite enfance dans toute sa diversité, sujet très actuel des nos jours.

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« La reconnaissance de la diversité en France est complexe car elle est mise en tension par les valeurs de l’égalité pour tous et le respect incontournable des choix de chacun ; dès la prime enfance la prise en compte des attachements affectifs, familiaux sociaux et culturels est essentielle d’autant plus quand la transition entre famille d’origine et service d’accueil du jeune enfant est relativement complexe rendant la continuité éducative difficile à gérer entre les différents univers de l’enfant. Une position dans le sens d’une équité au service de l’enfant peut-elle permettre de gérer ces inconciliables ? Reconnaître la double appartenance de l’enfant quelle que soit sa situation et les références éducatives de sa famille permet de penser comment créer les conditions de cette continuité éducative et accompagner sa mise en œuvre. »( plus de reinseignements http://www.lefuret.org/s-inscrire/formations/accueillir-la-diversite-des-situations-familiales-et-des-references-educatives.html)

Conférence sans fin à Paris

J’ai été très contente de participer à nouveau à une conférence internationale, cette fois non seulement en tant qu’intervenante, mais aussi en tant que membre du comité d’organisation. Malheureusement, en raison des événements tragiques qui ont eu lieu à Paris, le deuxième jour de la conférence a été annulé, nous privant ainsi de la liberté de communiquer.

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Organisé par le laboratoire interuniversitaire Experice Paris 13 – Paris 8 et le CNAM, le colloque a offert un regard international sur la socialisation et les transitions entre structures d’accueil et avec les familles au cours de la petite enfance, avant l’âge de la scolarité obligatoire.

Planifié pendant deux jours, les 13 et 14 novembre 2015, il a réuni au CNAM à Paris plus de 50 intervenants, spécialistes des jeunes enfants, venant de 12 pays. Il a alterné des conférences plénières de chercheurs invités et des ateliers en français et en anglais.

Les primes socialisations sont ainsi envisagées dans leur pluralité culturelle et la diversité des acteurs et des structures qu’elles mobilisent, tout en accordant une attention particulière aux expériences vécues par les enfants (pour plus d’info http://calenda.org/340103).

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Une des raisons pour lesquelles j’aime les conférences internationales est le fait de me faire sentir comme un poisson dans l’eau. D’une part parce que j’ai l’occasion de participer à des présentations qui sont liées à mon sujet de recherche. D’autre part, je suis contente d’interagir avec des gens de partout dans le monde, avec lesquels je peux communiquer en plusieurs langues. Ce, de la position de l’étudiante immigrante en France, qui est généralement en contact avec la plupart des français. Soudain, je ne me sens plus « seul au monde », mais entouré par des gens « comme moi ».

Au sujet des langues, une chose m’a donné un certain contentement : entendre les français faire l’effort de parler dans une langue autre que le français. Je pense qu’une telle expérience peut faire comprendre quelle est l’expérience de l’étudiant immigrant quand il ou elle doit exprimer ses opinions dans une langue autre que sa langue maternelle.

Je rester avec un goût doux-amer après cette conférence. D’une part, je suis si contente d’avoir partagé des idées avec des étudiants et des spécialistes de mon domaine de recherche, et de l’autre la barbarie des actes terroristes a mis une ombre sur Paris, et donc aussi sur les activités académiques, nous laissant avec une deuxième journée de conférence jamais accomplie.

Conférence internationale – coché. Réflexions dans un contexte scientifique interculturel

IMG_20150626_142700La tant attendue douzième conférence annuelle IMISCOE (International Migration, Integration and Social Cohesion) a eu lieu le 25-27 juin, 2015, et j’ai été très honorée d’y participer avec une communication. Quelques réflexions de jeune chercheure pendant une telle expérience aideront peut être d’autre doctorants à se retrouver dans de telles situations.

Voyage en TGV de Paris à Genève et installation à la Cité universitaire bien passés, j’entre dans l’amphithéâtre de l’Université de Genève où commence officiellement la conférence. Le mot de bienvenue est en français et en anglais. Ensuite il y a des communications en anglais sur des sujets de droits de l’homme et migration. Cette atmosphère me rappelle bien de celle des conférences auxquelles j’ai participé lors de mon stage à UNESCO, à Paris. Dans la salle il y a des personnes de tous les coins du monde, rassemblés autour des mêmes intérêts scientifiques.

La conférence continue avec un dîner cocktail offert par la ville de Genève, mais pas avant d’avoir une autre présentation et des remerciements aux organisateurs de la conférence. J’arrive au bâtiment de la salle communale de Plainpalais à l’heure. Etant seule, je dépasse les groups des personnes qui se connaissent et qui discutent ardemment, et j’entre dans la salle. J’y observe l’architecture et j’en prends même une photo. Je m’assois au milieu de la salle, du côté du couloir. Autour de moi j’entends les gens discuter en langues différentes – anglais, français, italien – langues que je connais, mais aussi en d’autre langues que je ne connais pas. Je me rends compte à nouveau du rôle de la langue dans l’interaction des gens, malgré les différences culturelles. Une langue commune signifie la possibilité d’avoir des rapports humains.IMG_20150625_190053J’écoute la présentation sur la migration en Suisse et en parallèle je réfléchis à ma participation à cette conférence. En outre, j’ai aussi une autre pensée – j’ai faim et la fatigue accumulée depuis ce matin à cinq heures, quand j’ai commencé la journée pour venir à Genève, se fait ressentir. Mais j’essaye de me concentrer au mieux et de « voler » quelques astuces de présentation orale du monsieur qui est en train de faire sa communication, pour pouvoir les utiliser le lendemain, lors de ma présentation.

Le dîner est une occasion de se régaler avec la gastronomie genevoise, mais aussi de rencontrer la coordinatrice d’une revue plurilingue, qui porte sur l’interculturalité et les albanais en Suisse. C’est donc le bon moment de discuter sur des sujets scientifiques communs, mais aussi sur l’expérience personnelle de l’interculturalité de chacune d’entre nous et comment on vit entre deux (ou plusieurs) cultures.

Le grand jour de ma présentation est arrivé. Après des répétitions face au miroir et des critiques constructives de mon mari qui m’accompagne dans cette aventure, je quitte l’hôtel avec un bon sentiment. Sur le chemin je rencontre un étudiant russe en médicine – un autre contact interculturel et une occasion de parler de la vie des enfants qui grandissent en contact avec une ou plusieurs cultures.

L’atelier auquel je participe activement a lieu l’après-midi, ainsi, entre une communication et une autre, j’ai le temps de m’entrainer encore un peu, pour me sentir préparée pour la présentation, surtout parce que c’est en anglais, une langue que je maitrise, mais qui n’est pas la langues dans laquelle je fais mes études, donc j’ai un vocabulaire plus restreint en ce qui concerne les termes scientifiques spécifiques.

Avec plein d’émotions, je fais ma présentation, qui se passe assez bien. Les chercheurs qui ont organisé cette table ronde m’invitent à une réunion et désormais je fais partie du groupe international d’initiative de recherche IMISCOE, plus précisément “The everyday experiences of youth of migrant descent in Europe, U. S. and Latin America and their integration, transnationalism and citizenship in the wake of the economic crises”.

IMG_20150625_105209Pour conclure, participer à une conférence internationale est l’occasion de se tester soi-même dans des situations culturelles et linguistiques diverses, de s’entrainer à faire des communications face à un public multiculturel, d’avoir des contacts en lien avec ses intérêts de recherche et dernier point, mais non le moindre – profiter du côté touristique du séjour à l’étranger.

Paris, le Babel français

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Je prends le train de la gare de Paris Saint-Lazare. Mon mari et moi sommes les premiers à s’assoir sur deux des six sièges ; à ma gauche se trouve une future mère d’origine africaine, et à ma droite une musulmane (on le reconnaît par le port spécifique du foulard), d’origine arabe. Moi-même je suis d’origine roumaine. Tous parlent des langues différentes, mais tous parlent le français aussi. Si je regarde autour de moi, dans le train, je me rends compte que beaucoup de gens ont des différentes origines culturelles et je peux observer qu’ils parlent des langues différentes.

Paris est certainement une ville caractérisée par la diversité culturelle, linguistique et religieuse. Cette diversité est donnée d’une part, par le pourcentage de touristes venant de partout dans le monde, et d’autre part par la présence des migrants qui habitent dans la région parisienne. Les débats sur le thème de la diversité culturelle sont nombreux, certains la considérant comme une source d’enrichissement, et d’autres comme une menace pour l’identité nationale.

Cet article ne veut pas alimenter ce débat, même si je me situe plus vers la première catégorie, mais faire une constatation du contexte dans lequel je vis et où je mène mes études de recherche sur l’interculturalité. Je serai plus justifiée à défendre mon point de vue plus tard, avec l’avancement de la thèse, lorsque les données empiriques et théoriques acquises seront à la base de mon argumentation.

Jusque-là, j’essaie de vivre dans cet environnement multiculturel, en m’intégrant dans la culture française sans nier ma propre culture et d’être assez ouverte pour accepter et apprécier la diversité culturelle des personnes avec lesquelles j’entre en contact d’une manière ou d’une autre.

Source photo IsaincuDrumming.com

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